"La salle de guerre, un lieu stratégique", par Patricia Colmant, Les Echos, mercredi 9 juin 1999
Si l'intelligence économique puise ses origines dans le renseignement militaire, il n'est pas étonnant qu'une partie du vocabulaire utilisé soit issue du langage de la défense. Ainsi en est-il de la "salle de guerre" ("war room" en anglais), considérée comme un lieu stratégique dans les entreprises qui sont en "veille". "C'est l'endroit où toute l'information stratégique, tous les éléments clés du marché doivent être concentrés", explique Yves-Michel Marti, Président d'Egideria, qui poursuit : "Pour être efficace, il faut mettre l'information sur les murs et non pas l'enfermer dans les placards". Ce concept a été instauré dans des entreprises américaines (MCI, Disney, Bell Atlantic, DuPont Lockheed, Ford, Sears Roebuck) et anglaises (Lucas Industries, British Airways). L'objectif est de favoriser l'identification des zones d'ignorance de l'entreprise, la circulation de l'information, mettre en éveil un maximum de collaborateurs, décloisonner les services pour qu'ils cessent de vivre sur des planètes différentes, accélérer le processus de renseignement au sein de la société et permettre à tout le monde de donner son avis. C'est aussi une assurance d'éviter les opérations parallèles qui feraient double emploi et une façon de récupérer la quasi-totalité de l'information existante dans l'entreprise. "Pour que cela fonctionne, il faut tenir compte des suggestions ou des critiques et toujours expliquer les motivations des axes de recherche d'informations", insiste cet expert qui conclut : "La war room facilite l'appropriation collective des résultats".