"Les sociétés françaises se mettent avec retard à l'intelligence économique", Le Monde, le samedi 28 mars 1998
"La finalité de cette fonction ? Comprendre puis saisir toutes les occasions sur les marchés, acquérir les meilleurs savoir-faire du secteur et observer les concurrents pour gagner des parts de marché ou ... ne pas en perdre. Les sujets analysés sont multiples : les groupes chimiques ou électroniques se focalisent sur la veille technologique. Dans la grande consommation, la veille marketing permet d'appréhender les grandes évolutions des marchés. Pour tous, il s'agit de ne pas se laisser surprendre par les concurrents. "Nous tâchons d'anticiper les événements imprévisibles", résume John Gallagher, directeur de la fonction market intelligence chez IBM. L'Oréal, très avancé en la matière a identifié sept sujets d'observation... "Ces sociétés se rapprochent des grands groupes aux Etats-Unis ou au Japon chez qui la veille est un réel système intégré dans l'entreprise" note Yves-Michel Marti, président d'Egideria, cabinet spécialisé en intelligence économique. Bernard Esambert, vice-président des groupes Lagardère et Bolloré est un des spécialistes de l'intelligence économique en France. Selon lui "ce concept est un des principaux enjeux de la compétitivité de entreprises. Ne pas s'y mettre, c'est condamner l'entreprise à subir les foudres de la concurrence sans se donner les moyens de contre-attaquer".