Revue de presse Egideria

"intelligence Stratégique et espionnage économique; Côtés pile et face de l'information. Un extrait du nouveau livre de Frédéric Moser et Marc Borry. Editions l'Harmattan. Mai 2002.

5 questions à … Yves-Michel Marti.

Diplômé de l’INSEAD, co-fondateur de SCIP France, ancien collaborateur de grandes entreprises comme Dassault Electronique ou Hewlett Packard, fondateur de la société Egideria, expert, conférencier et co-auteur du livre de référence en matière d’Intelligence Economique, désigné par ailleurs « best european management book » par le Financial Times en 1996.

- Co-auteur d’un ouvrage de référence en matière d’Intelligence Economique, vous avez participé à son émergence au sein des entreprises. Comment analysez-vous aujourd’hui cet apport ? On commence tout juste à être capable de mesurer les retours d’investissements de l’Intelligence Economique. Premier exemple, une veille concurrentielle ciblée a évité à un groupe industriel d’investir 20 millions d’euros dans l’augmentation de capacité d’une usine obsolète. Une veille commerciale sur l’état d’esprit du comité exécutif d’un grand client a permis à un groupe financier de préserver 50 millions d’euros de marge annuelle. Les sociétés, qui engrangent des succès grâce à l’Intelligence Economique, ont tendance à rester discrètes et à ne pas s’en vanter. Néanmoins cette démarche se généralise.

- Quelles sont les contraintes et conditions initiales pour la mise en place d’un système d’Intelligence Economique ? Avoir un patron combattant (et non pas diplomate ou politicien). Avoir un homme de confiance, proche du patron qui prend le problème à bras le corps.

- Vous avez, à plusieurs reprises, vanté les mérites des « War Rooms », technique souple et efficace. Est-elle bien utilisée par les entreprises et exige-t-elle des compétences particulières ? Le groupe Dupont de Nemours pratique les War Rooms depuis les années 20. La division Lucas de l’équipementier automobile Delphi utilise systématiquement les War Rooms pour les appels d’offre compétitifs. Les exemples sont nombreux. On peut réussir des War Rooms avec des gens de compétences très diverses. Les conditions requises sont simplement d’avoir une question brûlante, un bon chef de projet et de la méthode.

- Quelles sont les plus grandes réussites en matière de systèmes ou de projets d’Intelligence Economique ? A la suite d’une démarche d’Intelligence Economique, le Groupe Amoco a décidé qu’il devait être prudent dans ses investissements sur la Chine. En conséquence, ils n’ont budgété qu’un milliard de dollars d’investissements au lieu des dix initialement prévus. L’étude qui aura mené à cette décision a coûté moins de 100 000 dollars. Il est difficile de faire mieux comme retour d’investissement !